Invasion : si vous croyez que nous sommes prêts, c’est que vous n’avez rien suivi !

Un article récent du Wall Street Journal a mis au jour les vulnérabilités européennes face à une potentielle agression militaire russe.

Un récent « wargame » simulant une invasion russe au niveau du corridor de Suwalki, entre Lituanie et Pologne, a mis en lumière l’impréparation alarmante des armées européennes.

Le scénario, basé sur une attaque éclair partant de l’enclave de Kaliningrad vers le passage stratégique de Suwalki, démontre que les troupes du Kremlin pourraient s’emparer de ce territoire clé en quelques jours seulement. Cette simulation souligne une réalité géopolitique inquiétante : alors que les experts tablaient initialement sur une menace russe à l’horizon 2029, les nouvelles évaluations suggèrent que Moscou pourrait être en mesure de défier militairement l’OTAN dès 2026.

L’article souligne que la vulnérabilité de l’Europe est accentuée par une combinaison de facteurs structurels et politiques. D’un côté, la Russie a massivement réorienté son économie vers l’effort de guerre, reconstituant ses capacités matérielles et humaines malgré les pertes subies en Ukraine. De l’autre, l’Europe souffre d’une lenteur décisionnelle chronique et de stocks de munitions insuffisants. Le Wargame a révélé que l’indécision politique parmi les capitales européennes, couplée à un engagement américain potentiellement fluctuant en raison de tensions diplomatiques (en particulier avec l’Administration US actuelle), laisserait les États baltes isolés et sans défense immédiate face à une incursion rapide. Rappelons que Vilnius, la capitale n’est qu’à 30 km de la frontière.

Enfin, le constat stratégique est celui d’une course-contre-la-montre que l’Europe est en train de perdre. Bien que les puissances européennes disposent techniquement d’une supériorité numérique et technologique sur le papier, leur manque d’unité opérationnelle et de profondeur logistique les rend vulnérables à une stratégie russe de « fait accompli ».

On se souvient que Boris Pistorius, le ministre allemand de la Défense (SPD), a lancé un avertissement lors d’un entretien accordé à la Frankfurter Allgemeine Zeitung (FAZ) le 15 novembre dernier en déclarant que les experts militaires et les services de renseignement estimaient depuis longtemps que la Russie pourrait être en mesure de lancer une attaque contre un membre de l’OTAN « à partir de 2029 ». Mais des évaluations plus récentes sont plus alarmantes, certaines évoquant 2028 et « certains historiens militaires pensent même qu'[en 2025] nous avons déjà connu notre dernier été de paix ».

Bref, sans un réarmement massif et une coordination militaire sans précédent, l’architecture de sécurité du continent européen reste à la merci d’une exploitation opportuniste par le Kremlin, capable de frapper bien plus tôt et plus fort que ce que les planificateurs de l’OTAN n’avaient anticipé.

🗞 L’article complet est à lire sur le Wall Street Journal : https://www.wsj.com/world/europe/a-wargame-shows-just-how-vulnerable-europe-is-to-a-russian-attack-12dfdbfa?st=4w4cy6&reflink=desktopwebshare_permalink

Sans compter que le travail de sape au cœur même des pays d’Europe centrale fonctionne à plein. Chaque sujet un tant soit peu clivant, chaque antagonisme est immédiatement mis en épingle pour fracturer encore et encore les solidarités.

Voir à ce propos, le sujet diffusé sur Arte :


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Publié par Aleksander GLOGOWSKI

Permanent de la Fédération de Paris du PS 🌹 Candidat socialiste aux Européennes de 2004, 2014 et 2019. #Europe Addict 🇪🇺 Je me sens chez moi partout dans l'Union Européenne. Père de deux enfants.

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