Dans un article publié en août 2025 par la Fondation Jean-Jaurès, Paul Klotz analyse ce qu’il nomme le « capitalisme de la solitude », un phénomène où la solitude n’est plus seulement un sentiment individuel, mais un fait social aux conséquences majeures sur la santé, l’économie et la politique. Selon lui, ce système fragilise les liens humains, creuse les inégalités et engendre des coûts colossaux pour la collectivité. Klotz souligne que les activités communautaires traditionnelles (jardiner, bricoler, cuisiner) ont reculé, tandis que le temps libre est désormais massivement capté par les écrans, qui isolent davantage qu’ils ne relient.
Le chercheur met en lumière la responsabilité des plateformes numériques, comme Uber Eats ou Deliveroo, qui organisent et exploitent cette solitude en encourageant les individus à rester chez eux, loin des interactions sociales. Ces entreprises transforment ainsi l’isolement en modèle économique, touchant particulièrement les jeunes et les populations modestes, déjà vulnérables. En 2025, 12 % des plus de 15 ans en France se trouvent dans une situation d’isolement objectif, avec des contacts physiques quasi inexistants.
Face à ce constat, Klotz appelle à la création d’un « service public du lien social » pour contrer cette dynamique et réhumaniser le quotidien. Il insiste sur la nécessité pour les pouvoirs publics de se saisir de cette question, car la solitude chronique, en plus de rendre malade, menace la cohésion sociale et l’émancipation individuelle.
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